Le pilotage
sous voile

(Extrait du manuel LA VOILE)
Pour cette chronique, laissons un peu de coté la technique pour s'arrêter sur l'aspect "Navigation" à voile.

Un voilier ne peut faire route directement vers un point situé dans le lit du vent. Il doit louvoyer, tirer des bords. Plusieurs choix s'offrent au barreur. Si l'on met de côté, les restrictions géographiques (hauts-fonds, etc.), voyons un peu les différentes options possibles, vers une destination directement au vent.

Vous désirez partir d'un point "A" pour atteindre "B". Distance à parcourir 20 milles. Le vent souffle du nord à 10 noeuds. Vous savez par expérience que votre voilier peut remonter à 45 du vent réel. Vous devrez donc tirer des bords sur des caps de 045 et 315. Chaque bordée sera à 45 du vent réel. Voyons un peu en détail les différentes options qui s'offrent à vous.

OPTION 1:
À partir d'A, vous pouvez tirer un bord (AD) bâbord amures, puis un autre bord (DB) tribord amures pour atteindre B.
Vous aurez parcouru 28.3 milles.
Vous auriez également parcouru 28.3 milles en tirant un premier bord (AC) tribord amures, puis un second bord (CB) bâbord amures.

OPTION 2:
En tirant une série de bords bâbord amures et tribord amures le long de la route AEFGHB, vous auriez également parcouru 28.3 milles.

OPTION 3:
Avec une série de bords plus courts bâbord et tribord amures le long de la route AIJKLMNOB, vous auriez encore parcouru 28.3 milles. En fait, toutes les routes possibles à l'intérieur du quadrilatère ACBD (le cadre - laylines) vous feront parcourir 28.3 milles. Alors!... Laquelle choisir?...

Le résultat des trois différentes options (28.3 milles) n'est valable que si la direction et la vitesse du vent demeurent constantes. En pratique, il est à peu près inévitable qu'et la vitesse et la direction du vent varieront quelque peu. Vous auriez donc avantage à ne pas trop vous écarter de la route directe AB. L'option 3 (bords plus courts) serait donc, dans la plupart des cas, la plus avantageuse.

ANALYSE DES OPTIONS:
#1. Si, lorsque vous atteignez "D", le vent refuse de 20, vous devrez alors suivre un cap de 295. Pour atteindre "B", vous devrez tirer un bord supplémentaire. Si par ailleurs, vous êtes parti vers "C", cette même variation de la direction du vent vous permettra de naviguer allègrement entre le petit largue et le près bon plein donc; vitesse accrue et moins de gte. Si la vitesse augmente de 10%, vous atteindrez "B" plus rapidement.

#2. En tirant des bords plus courts, vous avez la chance de virer dès que le vent refuse et de profiter de chaque adonnante, et ainsi améliorer considérablement votre temps.

#3. En autant que vous ne vous emmêlez pas dans vos écoutes à chaque virement de bord et que vous ne perdez pas un temps précieux, la ligne la plus directe est sans doute la meilleure.

Si votre destination ne vous oblige pas à louvoyer, un conseil, naviguez au-dessus de votre route droite. Si à la dernière minute, le vent refusait, vous pourriez abattre sans devoir obligatoirement tirer un bord additionnel.

NAVIGUER AU PRÈS
Pour bien avancer à cette allure sans trop dériver, il faut concentrer ses efforts à bien régler les voiles. Le défaut de beaucoup de plaisancier est de trop border les voiles. Ils étouffent le bateau. L'angle d'attaque idéale entre le vent et la corde de la voile (bôme) devrait être entre 10 et 20, pas plus, pas moins. Un angle trop petit, et les voiles faseyent et battent. Un angle plus grand augmente la dérive et réduit la vitesse. Les voiles devraient être bordées tout juste à la limite du faseyement.

NAVIGUER AU VENT DE TRAVERS
Confortable (peu de gte) et rapide (allure la plus rapide). Optimiser les performances du bateau an respectant la règle de l'angle d'attaque (10 à 20). A cette allure, on est toujours tenté de trop border les voiles. Soyez vigilant,... et bonne voile!

Pierre Boucher N
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